Les gardiens du profane
Inspirations ethniques et beautés contemporaines.
Traditions chamaniques et impressions esthétiques.
Où se placer pour les admirer ?
Tournons autour, disséquons l’oeuvre et laissons-nus porter par la magie de ses créations.
De face, le spirituel domine Par-delà les steppes, loin vers l’Asie, c’est en territoire sibérien que nous convie Coco Fronsac.
Là, le chamane règne.
Guérisseur, sorcier, prêtre, devin, médium ou possédé, cet être de chair et d’esprit a la charge de maintenir l’harmonie entre le monde des hommes et celui des âmes.
De ses attributs cosmiques et métaphysiques naît sa puissance
Bois de rennes, plumes d’oiseaux, fourrures de bêtes… il se pare du gibier des hommes et accepte en échange d’être la proie des esprits animaux.
Oripeaux d’os, lames de métal, clochette et carapace de tortue… c’est par le son, la capacité à entrer en résonance avec le monde que s’ouvrent les portes du spirituel.
Là, le chamane peut s’envoler vers une autre réalité. C’est un moment d’exaltation, de recueillement, pareil au nôtre devant ces masques.
Une vision fascinante, impressionnante, difficile à soutenir… passons donc à l’envers.
De dos, la beauté prend le pas l’oeuvre de Coco Fronsac rend hommage au sacré, mais enchante aussi l’âme par la finesse des traits et l’harmonie générale qui s’en dégage.
Tout part de la tête Elle seule soutient le corps et le mouvement.
Douce ou guerrière, calme ou exaltée, on l’imagine vivante, prête à bouger à chaque instant.
Quelle force dans les émotions ressenties !
La matière est simple : une boîte de bois, un matériau de récupération tel qu’aimaient en utiliser Miro, Louise bourgeois ou Tinguely.
Le travail est délicat, inspiré : un mélange de rudesse et de quiétude, un équilibre trouvé.
Le dos nous réserve une autre vision Surprenant, épuré ou foisonnant, il offre une redécouverte, un visage différent à la sculpture.
Le style change.
Marques de tampons et motifs modernes contrastent totalement.
L’ensemble est double, tel un rite chamanique : composé, décomposé, recomposé.
Alors profane ou sacré ?
Quelle importance… seule compte leur beauté quasi-surnaturelle.
Éric Lorach
Voir aussi http://leschamanesdecoco.bloguez.com/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire